Santé animale 29 janvier 2016 à 08h00 | Par Propos recueillis par Armelle Puybasset

« L’autovaccin ORT est une forme d’assurance pour l’éleveur»

En élevage de dinde, les autovaccins visent à réduire les infections articulaires dues à la bactérie Ornithobacterium (ORT). L'avis de Joël Bertin, vétérinaire Selas Le Gouessant sur cette pratique.

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Joël Bertin, de la Selas vétérinaire Le Gouessant : " L'autovaccin ORT permet d'éviter les signes cliniques de ténosynovite ainsi que les taux de saisies associés."
Joël Bertin, de la Selas vétérinaire Le Gouessant : " L'autovaccin ORT permet d'éviter les signes cliniques de ténosynovite ainsi que les taux de saisies associés." - © A. Puybasset

Qu’est-ce qu’un autovaccin ?

"Il s’agit d’un vaccin inactivé constitué à partir d’une ou plusieurs souches de bactéries prélevées dans un élevage et utilisables uniquement dans cet élevage. Les prélèvements sont réalisés par le vétérinaire prescripteur. L’autovaccin est fabriqué dans un laboratoire agréé."

Pourquoi vacciner contre la ténosynovite ?

" La bactérie Ornithobacterium rhinotracheale est un pathogène majeur chez la dinde. Ce germe très résistant s’incruste dans l’environnement. On le retrouve dans des endroits difficiles à décontaminer (jupes, lanterneaux). La bactérie s’exprime au moment d’un problème respiratoire, lié soit à un passage viral, soit à un défaut de ventilation. Il commence par de la toux avec un risque de complications locomotrices et de lésions de ténosynovites (infection des tendons). Leur impact économique atteint jusqu’à 7 €/m2, du fait du coût des traitements, de la baisse des performances et des retraits à l’abattage (jusqu’à 6%). La saisie est totale en cas de lésions bilatérales. L’autovaccin ORT permet d’éviter les signes cliniques de ténosynovite ainsi que les taux de saisies qui lui sont associés.

La précision du geste de l'injection est essentielle et permet de mener rondement le chantier de vaccination.
La précision du geste de l'injection est essentielle et permet de mener rondement le chantier de vaccination. - © A. Puybasset

On n’a pas encore la preuve qu’il agit sur la pathologie respiratoire. Il réduit les signes de toux mais il peut arriver qu’un lot vacciné tousse. L’autovaccin est une forme d’assurance pour l’éleveur. Il n’a plus l’angoisse qu’une simple toux dégénère avec l’apparition de troubles locomoteurs. Cela laisse le temps d’essayer des solutions alternatives à l’antibiothérapie : phytothérapie, réglages de ventilation."

Quel est le retour sur investissement ?

" L’autovaccin ORT rentre dans une démarche de démédication mise en œuvre depuis deux ans, au sein de la coopérative Le Gouessant. Le plan d’actions « ténosynovites » est aussi une réponse apportée aux abattoirs en termes de qualité de carcasse. Trente-cinq éleveurs vaccinent régulièrement, soit uniquement les femelles ou les mâles, soit les deux. Cela dépend de l’historique de l’élevage et de l’âge d’apparition des symptômes associés à ORT. S’ils sont tardifs, on ne vaccine que les mâles. L’injection a lieu entre 3 et 5 semaines. Dans l’hypothèse d’un passage ORT à dix semaines, le gain permis par l’autovaccin est de 700 à 1500 euros par lot (le double à 14 semaines). Le coût de la vaccination (2000 € pour un 1000 m2, intervention comprise) est largement compensé par la baisse des traitements antibiotiques et du taux de saisie. Une souche de colibacilles est parfois associée à la souche ORT, ce qui permet de valoriser l’intervention encore plus."

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