Santé animale 31 janvier 2017 à 08h00 | Par Sophie Bourgeois

Le monitoring Vigirepro pour la détection des chaleurs

Éric Bonnot, éleveur en Saône-et-Loire, fait totalement confiance à Vigirepro, solution de monitoring, pour la détection des chaleurs de ses 80 Charolaises.

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Eric Bonnot fait entièrement confiance au dispositif Vigirepro qui lui permet de détecter les chaleurs de ses 80 Charolaises.
Eric Bonnot fait entièrement confiance au dispositif Vigirepro qui lui permet de détecter les chaleurs de ses 80 Charolaises. - © S. Bourgeois

Éric Bonnot, éleveur à Paray-le-Monial en Saône-et-Loire fait inséminer 100 % de ses vaches. Il a eu l’occasion de tester Vigirepro pendant deux ans durant sa phase de lançement. Convaincu par le dispositif, il a ensuite investi. « Nous avons amélioré la réussite en première IA. L’effet n’était pas très significatif la première année, mais la deuxième année, l’IVV moyen du troupeau a été réduit de six jours » explique l’éleveur.

Cela a participé, avec d’autres actions, à grouper davantage les vêlages. Les 80 vêlages qui se déroulaient du 1er septembre au 20 décembre sont maintenant concentrés du 1er septembre au 15 novembre.

Le coût du Vigirepro est à mettre en balance avec le temps gagné

Éric Bonnot pose les colliers aux femelles quand elles rentrent en bâtiment vers le 20 novembre. Ils sont costauds et n’ont jamais été perdus
Éric Bonnot pose les colliers aux femelles quand elles rentrent en bâtiment vers le 20 novembre. Ils sont costauds et n’ont jamais été perdus - © S. Bourgeois

« Je fais maintenant complètement confiance à la fiabilité du système pour détecter les chaleurs. Je ne cherche plus à vérifier par le comportement de la vache. » Une grande partie des chaleurs se déclarent d’ailleurs la nuit. « Avant, nous travaillions par observation des vaches, avec au minimum trois passages par jour pour deux personnes, soit un total de presque deux heures par jour de surveillance sur plusieurs mois. » Le coût de Vigirepro est à mettre en balance avec ce temps gagné, et il est aussi à comparer avec celui d’autres matériels d’équipement.

Éric Bonnot pose les colliers aux femelles quand elles rentrent en bâtiment vers le 20 novembre. Les inséminations sont effectuées en bâtiment à partir du 1er décembre. « Ils sont costauds et n’ont jamais été perdus ». Avec 80 vêlages groupés, Éric Bonnot a besoin de 80 colliers. Ils sont posés au cornadis, avec un sens à respecter. « S’ils sont mal posés, le système nous prévient ». Les colliers restent posés jusqu’à ce qu’une échographie, 40 jours après l’insémination, confirme la gestation.

Intéressant pour cibler les chaleurs des génisses

L’éleveur consulte la box, installée sur un mur dans la cour de la ferme, quand il passe devant. Un témoin lumineux s’allume quand une alerte a été donnée.

La box est installée sur un mur dans la cour de la ferm. Un témoin lumineux s’allume quand une alerte a été donnée.
La box est installée sur un mur dans la cour de la ferm. Un témoin lumineux s’allume quand une alerte a été donnée. - © S.Bourgeois

S’il s’éloigne de la cour, Éric Bonnot regarde les alertes reçues sur son smartphone. « Alors je relève le numéro de la vache et je passe simplement pour vérifier dans quelle case ou dans quelle parcelle elle est, même si cette information est déjà renseignée dans le logiciel. »

Éric Bonnot a plusieurs fois constaté qu’une femelle, qui n’avait pas été vue en chaleurs mais que Vigirepro avait détecté et qui avait été inséminée, s’est bien révélée fertile. Il juge très intéressant aussi Vigirepro pour aider à la détection des chaleurs chez les génisses. « Dans un lot de vingt-cinq, l’activité est parfois un peu générale et il n’est pas très facile de savoir quelle(s) génisse(s) est en chaleurs. Vigirepro permet de les cibler. »

Il apprécie aussi d’avoir toutes les informations en visuel sur son téléphone quand il passe observer les animaux. Cela aide à prendre des décisions.

Vigirepro émet d’autre part des alertes « santé », à partir du temps passé quotidiennement par l’animal à s’alimenter, qui se sont révélées pertinentes. « J’ai reçu une alerte pour une vache qui s’était fait une blessure à une corne. Une autre fois, une génisse a été déclarée en alerte santé alors que je ne n’avais pas détecté à l’œil de changement de comportement. Elle était pourtant bien en train de déclarer une pneumonie. Je pense aussi que Vigirepro doit être utile dans le cas d’un passage de grippe par exemple, pour soigner le plus tôt possible » raconte l’éleveur.

Un accéléromètre pour des alertes « chaleurs » et des alertes « santé »

Vigirepro est fabriqué par le groupe neérlandais Nedap, un des leaders mondiaux en système de monitoring, et commercialisé par la coopérative d'insémination Elva Novia. Le dispositif est basé sur un accéléromètre placé sur un collier, qui mesure les mouvements des animaux dans les trois dimensions de l’espace. L’activité de chaque animal est comparée à son comportement durant les sept jours précédents. Vigirepro détecte l’activité caractéristique des chaleurs, et mesure également le temps passé à s’alimenter par jour. Elva Novia a testé Vigirepro en élevage laitier et en élevage allaitant et les performances du dispositif se sont révélées équivalentes dans les deux types d’élevage. Le système peut capter les informations à une distance maximum d’un kilomètre par rapport à la box, dans une configuration des lieux favorable, sans obstacle. Si les animaux sont plus loin, les données peuvent être stockées pendant 12 heures et sont ensuite chargées sur le système quand elles repassent dans la zone de couverture par l’antenne. Equipés d’une pile qui ne se change pas, les colliers ont une durée de vie annoncée de dix ans.

Le système de base est vendu 4200 euros et chaque collier coûte 90 euros. Environ vingt-cinq élevages allaitants sont actuellement équipés par Elva Novia. Tous ne sont pas en système 100 % IA. Vigirepro est destiné à tous les types d'élevage, qu'ils utilisent l'IA ou non, et apporte de l'information et une aide à la décision dans la gestion de la reproduction.

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