Santé animale 08 janvier 2016 à 08h00 | Par J.-M. Nicol

Un petit truc dans le trayon

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Le petit bout de chair qui bloque tout.
Le petit bout de chair qui bloque tout. - © J.-M. Nicol

« Lorsque le lait ne s’écoule plus d’un trayon jusque-là fonctionnel, c’est le plus souvent soit en raison d’un traumatisme du bout du trayon soit la conséquence de l’inflammation chronique du canal papillaire qui peu à peu se fibrose.

Dans le premier cas, le problème apparaît brutalement et il vaut mieux ne plus soumettre le quartier à la traite au moins pendant quelques jours et dans le deuxième cas, le tarissement définitif du quartier est la plus sage décision. Insister à coup de surtraite ne résout jamais le problème mais l’aggrave ; raboter le canal à coup de sonde se termine inexorablement par une mammite et un quartier impossible à vidanger.

Cette vache vient de vêler pour la cinquième fois et un de ses quartiers n’est plus trait par la machine. Elle arrive pourtant sur le quai de traite avec un trayon plein de lait qui s’écoule normalement lors des premiers jets. Il s’écoule encore juste après la pose du gobelet puis l’écoulement s’arrête tout net comme si un clapet venait obturer le canal du trayon.

Le canal n’est ni enflammé ni douloureux mais la palpation du trayon révèle la présence d’un petit grelot qui s’y promène et qui, poussé par la descente du lait, vient en effet se poser sur le canal rendant impossible l’éjection du lait. Ce petit grelot n’est autre qu’un granulome fibreux attaché par un pédicule à la paroi interne du trayon et qui va et vient dans le lait. Il va falloir le sortir après l’avoir détaché de son amarre.

UNE TRAQUE À TÂTONS

La séance commence sur le quai de traite par la pose d’une sangle entre les pattes arrière et par la désinfection soigneuse du plancher de la mamelle et du trayon qui pour bien faire doit être plein de lait. J’introduis un anesthésique local dans la citerne du trayon puis la pince articulée dans le canal et commence la chasse au granulome en tentant de le refouler d’abord entre les mors ouverts de la pince puis en fermant les mors pour le saisir sans léser la muqueuse interne du trayon. Une fois, deux fois… dix fois. Et la onzième fut la bonne. »

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