Santé animale 27 mars 2017 à 08h00 | Par C.Gérard

Faire rempart à la Peste Porcine Africaine

Marcel Corman, président de l'OVS -organisation à vocation sanitaire- Porc de Bretagne a réuni la presse à la Draaf de Bretagne le 24 mars dernier pour détailler les mesures prises collectivement pour se prémunir de l'arrivée du virus de la PPA sur notre territoire.

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De gauche à droite, Elisabeth Sallé, vétérinaire OVS Porc Bretagne, Philippe Le Coz, vétérinaire président de l'URGTV, Karine Proux, chef de service régional alimentation de la Draaf, Marcel Corman, président de l'OVS Porc Bretagne, André Drouard, président de la fédération régionale des chasseurs et Jacques Crolais, directeur du Comité Régional Porcin.
De gauche à droite, Elisabeth Sallé, vétérinaire OVS Porc Bretagne, Philippe Le Coz, vétérinaire président de l'URGTV, Karine Proux, chef de service régional alimentation de la Draaf, Marcel Corman, président de l'OVS Porc Bretagne, André Drouard, président de la fédération régionale des chasseurs et Jacques Crolais, directeur du Comité Régional Porcin. - © CG

Compte tenu des particularités du virus responsable de la Peste Porcine Africaine,  les actions visant à se prémunir contre une contamination de nos élevages doivent en effet être concertées et élargies à tous les supports potentiels de la propagation du virus. Car celui-ci est redoutable. « C'est le pire de tous les virus qui peuvent affecter les porcs et les sangliers » résume Philippe Le Coz, vétérinaire, président de l'URGTV (1). D'abord parce qu'il provoque des hécatombes dans les cheptels où il arrive, parce qu'il n'y a ni traitement, ni vaccin. Ensuite parce qu'il possède une capacité à être véhiculé par une multitude de supports : les animaux, les camions, les personnes, le matériel, et aussi les aliments contaminés -déchets de cuisine ... et l'air ! Il est aussi d'une étonnante résistance puisqu'il persiste jusqu'à 10 jours dans les fèces, plusieurs mois dans les produits à base de porcs et des années dans la viande congelée.

L'OVS Porc Bretagne met à disposition des dépliants ciblés pour tous les acteurs de la filière, rappelant les sources de contamination et les conduites à tenir pour se prémunir contre l'apparition de la PPA sur notre territoire.
L'OVS Porc Bretagne met à disposition des dépliants ciblés pour tous les acteurs de la filière, rappelant les sources de contamination et les conduites à tenir pour se prémunir contre l'apparition de la PPA sur notre territoire. - © CG

Informer tous les maillons de la filière

Le mot d'ordre de l'OVS est donc sans appel : il faut agir collectivement pour informer des modes de propagation du virus et faire en sorte que tous les acteurs soient sensibilisés au risque de propagation. L'organisation vient donc d'éditer 5 dépliants pédagogiques, spécifiques aux 5 cibles identifiées : les éleveurs de porcs, les éleveurs de sangliers, les intervenants dans l'élevage, les transporteurs (de porcs et de sangliers) et les chasseurs qui, en l'occurrence affirment leur totale implication aux côtés des producteurs de porcs. André Drouard, président de la fédération régionale des chasseurs affirme l'engagement de ses adhérents aux côtés des producteurs de porcs. « En tant que chasseurs, nous nous positionnons comme relais de terrain pour contribuer à la protection des élevages de porcs contre ce fléau ». Car en effet, les sangliers constituent l'un des risques de propagation de la maladie. Ces animaux sauvages sont les principaux vecteurs du virus dans les pays où la PPA sévit. Déclarée au niveau européen « maladie de danger sanitaire de première catégorie », la PPA est en principe réglementée au niveau de l'Europe et de la France. Karine Proux, chef du service régional de l'alimentation de la Draaf de Bretagne l'affirme : la réglementation existe, les mesures de prévention et de lutte sont du ressort de l'Etat ». Reste que les craintes portent aujourd'hui sur des « parcs et enclos », à savoir des réserves de chasse existant sur tout le territoire, le plus souvent appartenant à de riches Russes qui, en principe, doivent se conformer aux réglementations en vigueur pour le peuplement de ces zones en sangliers. Et au strict confinement de ces animaux à l'intérieur des clôtures de ces parcs. Karine Proux rassure : « En France, des mesures de vigilance accrues sont en place concernant les importations de sangliers et les certificats sanitaires qui doivent accompagner tous ces animaux ». La vigilance reste toutefois un sujet crucial pour protéger l'élevage français.

(1)  URGTV : Union régionale des groupements techniques vétérinaires de Bretagne.

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