Santé animale 12 avril 2017 à 08h00 | Par Annick Conté avec Laurence Jouet-Elie vétérinaire

Zoom sur les traitements vétérinaires en élevage laitier bio

Le cahier des charges européen donne la priorité à la prévention. Mais il est peu contraignant en traitements allopathiques.

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En élevage bio, les médecines complémentaires doivent être utilisées de préférence aux médicaments allopathiques. Mais le cahier des charges actuel, qui a été mis en place au 1er janvier 2009, autorise trois traitements sur douze mois en élevage bovin laitier bio (1), alors que le précédent cahier des charges n’autorisait que deux traitements (y compris les antiparasitaires). Les vaccins et antiparasitaires internes et externes ne sont pas comptabilisés dans le calcul. Seuls sont interdits les traitements allopathiques préventifs et les bolus anti-parasitaires. En cas de dépassement du nombre de traitements, l’animal est déclassé et doit subir une période de conversion (6 mois). La plupart du temps le lait est alors donné aux veaux, sinon la vache est réformée.

Les vaccins et les antiparasitaires ne sont pas comptabilisés

Précision importante : quand une pathologie, à un moment donné et pour un même animal, engendre plusieurs prescriptions échelonnées dans le temps, celles-ci ne comptent que pour un seul traitement. Le cahier des charges ne précise pas de délai maximal entre deux administrations ; au vétérinaire d’apprécier s’il s’agit d’un même épisode pathologique.  C’est par exemple le cas lors d’une récidive de mammite sur le même quartier 10 jours après un premier traitement.

Le cahier des charges européen prévoit un doublement des délais d’attente par rapport au délai légal. Dans le cas de délai d’attente nul, l’interprétation des textes réglementaires peut différer selon les organismes certificateurs, certains considérant qu’il est de 48 heures, d’autres qu’il est nul ; mieux vaut donc consulter son organisme. Pour les aliments complémentaires, deux cas de figure se présentent. Soit ils figurent sur la liste des additifs nutritionnels  et ne font pas l’objet de délai d’attente. Soit ils n’y figurent pas, il faut une prescription, et ils sont comptabilisés comme un traitement avec un délai d’attente de 48 heures. C’est par exemple le cas du propylène glycol.

Sont interdits les traitements allopathiques préventifs

En matière de prophylaxie, les vaccinations sont autorisées. Mais elles doivent être justifiées, accompagnées de mesures de prévention et limitées dans le temps.

L’administration de traitements allopathiques à titre préventif est interdite. Les traitements antibiotiques systématiques au tarissement sur des vaches saines sont donc interdits ; par contre les obturateurs de trayons sont autorisés et ne sont pas comptabilisés comme un traitement. L’administration systématique d’un antiparasitaire préventif à la mise à l’herbe (ou à la rentrée à l’étable(elle doit être justifiée : baisse de croissance, signes cliniques, résultats d’analyses…) est elle aussi interdite. L’utilisation d’hormones pour maitriser la reproduction, induire ou synchroniser des chaleurs l’est également. En revanche, il est possible de traiter une vache avec des hormones  après diagnostic (kystes, anoestrus, métrites…) sur ordonnance ; ceci est comptabilisé comme un traitement.

Côté traite, la totalité des produits de nettoyage et de désinfection des installations de traite homologués sont utilisables. Ainsi que toutes les opérations d’hygiène de traite (prétrempage, pulvérisation, lavettes, post-trempage), même si beaucoup d’éleveurs bio préfèrent nettoyer les trayons à sec avec de la laine de bois.

A noter que le cahier des charges doit être respecté dès l’engagement en « bio » pendant toute la période de conversion, donc avant que les productions ne soient commercialisées en bio.

Un nouveau réglement européen est en cours de discussion. A ce jour (11 avril), le texte (non définitif) sur la table des négociations n'apporte pas de changement en matière de traitement vétérinaire en élevage bio, si ce n'est l'interdiction de tous les bolus.

(1) pour les animaux dont le cycle de vie productive est supérieur à un an. Un traitement sur 12 mois si le cycle de vie productive est inférieur à un an.

- © Cedapa

Les autres exigences en bref

° Au niveau du bâtiment, au moins la moitié de la surface intérieure doit être en matériau plein (pas de caillebotis). Le couchage doit être recouvert de paille (qui peut ne pas être bio) ou d’autres matériaux naturels adaptés ; le couchage sur simple tapis n’est pas conforme. Pour les veaux, les boxes individuels sont interdits au-delà de la première semaine de vie. En cas de maladie, l’isolement est toutefois autorisé.

° L’écornage est autorisé (mais en cours de réflexion pour le prochain règlement bio). La transplantation d’embryon est interdite.

° L’alimentation doit provenir pour au moins 50% de l’exploitation. Le zéro pâturage est interdit mais le cahier des charges ne donne aucune norme de surface de pâturage. Au moins 60% de la matière sèche composant la ration journalière des herbivores sont des fourrages grossiers (frais, séchés ou ensilés) ; ce chiffre est ramené à 50% pour les trois premiers mois de lactation. Les veaux L’âge au sevrage minimal est de 3 mois.

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